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Appels de textes

1.  « Penser le risque au Québec »

Globe : revue internationale d’études québécoises sollicite des propositions d’articles en vue de la préparation d’un numéro thématique consacré à la question du risque dans la société québécoise. Ce dossier permettra d’aborder le thème du risque au Québec dans une perspective à la fois pluridisciplinaire et internationale. Le concept de « risque », élaboré notamment par les sociologues Ulrich Beck et Anthony Giddens, par l’anthropologue Mary Douglas, et par le philosophe politique François Ewald, a été au cœur de nombreuses discussions scientifiques depuis plus de deux décennies. Cependant, à quelques exceptions près, il a attiré peu l’attention des chercheuses et des chercheurs québécois. Pourtant, ce concept, défini largement par Beck comme « l’événement-non-encore-survenu qui motive l’action », permet de poser des questions importantes sur la société québécoise du passé et du présent. En effet, alors que l’avenir semble de plus en plus menaçant (crises environnementale, politique, économique, sociale, démographique, énergétique, technologique, etc.), une réflexion critique s’impose sur la façon dont se construisent les appréhensions du futur et sur le processus par lequel celles-ci en viennent à structurer la communauté politique et à orienter le destin collectif.

Pour ce numéro spécial de Globe, nous en appelons aux chercheurs et chercheuses de toutes disciplines désirant porter leurs analyses sur le risque. En conformité avec le mandat de la revue, nous accorderons la priorité aux propositions portant sur la société québécoise. Toutefois, les propositions de qualité portant sur d’autres sociétés ou sur un problème théorique précis seront également considérées. Voici une liste non exhaustive de problèmes pouvant être abordés dans le contexte québécois: • Le risque, l’expertise et la construction de l’État • Les conflits dans la définition et la hiérarchisation des risques; • La construction des populations « à risque »; • Les risques et les multiples formes de l’inégalité; • Le risque, le monde médical et la santé; • Le risque, l’économie et les assurances; • Le risque et l’environnement; • Le risque et la technologie; • Le risque, la modernité et la postmodernité.

Ce numéro thématique sera dirigé par Martin Petitclerc et Magda Fahrni, tous les deux professeurs au département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal. La date limite pour soumettre une proposition de texte d’environ 250 mots est le 1er janvier 2012. Les personnes ayant soumis une proposition seront avisées si elles ont été retenues pour sélection à la fin du mois de janvier. Les articles, d’une longueur de 20 à 25 pages à double interligne (pour un maximum de 8 000 mots notes comprises), devront être accompagnés d’un résumé de trois cent (300) mots, avec traduction anglaise, et acheminés à Globe : revue internationale d’études québécoises par voie électronique (contact@revueglobe.ca) avant le 31 octobre 2012. Ils seront soumis au processus habituel d’évaluation scientifique par les pairs.

La publication de ce numéro spécial est prévue pour l’automne 2013.


2.  «La littératie dans les études québécoises»                               

Avec ce numéro, la revue Globe prend acte d’une mutation terminologique et conceptuelle et se donne pour objectif d’interroger les incidences épistémologiques, au regard des travaux québécois de recherches théoriques et appliquées, dans les disciplines des sciences du langage et des sciences sociales et éducatives concernées par les questions de lecture et d’écriture. Des chercheurs internationaux seront invités à réagir aux articles sélectionnés, pour créer un dialogue, différé mais présenté conjointement.

Le texte qui suit expose quelques jalons concernant l’idée de mutation conceptuelle et propose quelques questions ou pistes de réflexion, non exhaustives et non restrictives. Les textes accueillis ne sont pas tenus de traiter la littératie sous cet angle mais devront contenir une partie réflexive sur la question.

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Les tenants de la littératie assignent à l’équivalence alphabétisation/littératie un geste réducteur, alors que l’usage courant dans les organismes fait persister une coïncidence terminologique sinon conceptuelle entre les deux formes. Les discours – voire les politiques et programmes de financement – véhiculent encore l’image du « fléau social », critiquée par Bernard Lahire (L’invention de l’« illettrisme », 1999) à propos de l’illettrisme : un mal à combattre.

Les chercheurs anglo-saxons ont toutefois ouvert le concept de litteracy au-delà des frontières langagières, en articulant les activités de lecture-écriture à des buts et contextes spécifiques (Scribner, Cole, 1981). De plus, le projet de dépassement d’une « Literacy view of literacy » (Barton, 2007), vision littéraire de la littératie, se concrétise par une approche sociale de la littératie (Masny, 2001), « the social practices view of literacy » (Papen, 2005), laquelle s’affranchit d’une conception strictement cognitive et comportementale (« the skills view of literacy », selon Papen, 2005). Socialement envisagée, la littératie s’élabore à l’aulne de pratiques diversifiées, à décrire et à comprendre, en relation avec les contextes socioculturels qui les circonscrivent. Dans ce sens, des rapports à l’écrit, à la langue, des pratiques contextualisées, des motivations et des repères variables semblent prendre le pas sur l’idée d’une alphabétisation strictement cognitive ou fonctionnelle, qui ne constitue plus le coeur des problématiques. Dans ces conditions, l’idée même des frontières entre lecture-écriture et l’ensemble des activités culturelles (dans le sens de pratiques sociales culturellement marquées) est-elle encore viable? Peut-on réellement définir les limites actionnelles et sociales des pratiques de littératie?

Au Québec, la conception socialisante de la littératie est-elle, le cas échéant, un effet de la réception de Hoggart (The uses of litteracy, 1957, La culture du pauvre, 1970), qui critique « les images intellectuelles ou petites bourgeoises du divertissement populaire »? Si l’heure n’est plus à la dénonciation de l’ethnocentrisme de classe, il reste à questionner les formes d’intervention dans le domaine de la littératie. Les programmes d’intervention présupposent-ils un modèle (réel ou imaginaire), sinon dominant, au moins efficace, qu’il faudrait répandre, tout comme l’indiquent leurs critiques sociologisantes? Peut-on circonscrire ce modèle, d’un point de vue théorique et conceptuel? Peut-on y échapper? Cette conception serait-elle uniformisante? Se préoccupe-t-elle des dimensions culturelles des pratiques, de leurs logiques internes, endogènes, de leurs raisons sociales et de leurs variabilités?

Dans une dynamique toujours plus contextualisante, la littératie englobe les communications multimodales et permet peut-être d’entrevoir des relations de type statutaire plutôt qu’économique entre l’individu, ses pratiques, ses compétences et la société. Alors que Goody cherchait à identifier les incidences cognitives et sociales de cette « technologie de l’intellect » que constitue l’écriture dans les sociétés occidentales, la littératie, dans une perspective sociétale, sert désormais un objectif citoyen, car la recherche et le traitement de l’information sont de plus en plus considérés comme déterminant le pouvoir d’action des usagers/citoyens. Les objectifs idéationnels de la littératie littéraire et fonctionnels de l’alphabétisation laissent-ils ainsi place à une conception citoyenne des activités de lecture-écriture, pour faire des choix en connaissance de cause plutôt qu’agir conformément à un projet économique global? Prendre (sa) part à la société, contribuer à un projet social dont on est acteur plutôt qu’outil? Cette littératie, selon une entrée sociale, culturelle et plurielle, restitue-t-elle l’intelligence critique des acteurs, en même temps qu’elle vise leur participation?

Conjuguée au pluriel, la littératie se décline dans tous les domaines de la vie ; elle est « littératie familiale, scolaire, communautaire » (Dionne & Berger, 2007, Masny, 2008) et circonscrit les conditions de réussite des apprentissages premiers, pour l’avenir. Elle est aussi « littératie financière », « littératie en santé », « littératie universitaire » (Blaser et Erpelding-Dupuis, 2010), « littératie des droits en santé et services sociaux » (Clerc et al., 2009) et s’attache à définir les conditions d’exercice favorables aux individus. Dans cette mouvance conceptuelle, les littéracies plurielles dévoilent leurs aspects ; elles sont non seulement « multiples », mais « émergentes » ou encore (trans)générationnelles ; instables, elles fluctuent au gré des besoins, des conditions matérielles et socio-affectives d’exercice, comme des expériences dont elles se nourrissent. Les études qui se consacrent aux littératies ont-elles alors en commun d’analyser leurs conditions d’exercice plutôt que d’évaluer les compétences linguistiques et cognitives des acteurs (comme dans le cadre des grandes enquêtes internationales et des approches en alphabétisation fonctionnelle)? Et quels enseignements en tire-t-on? Ont-elles en commun de promouvoir l’amélioration des conditions d’exercice de la littératie autant que les savoir-faire des apprenants, usagers, citoyens? Quelles seraient alors les modalités de développement de ces conditions d’exercice?

Si la mutation terminologique n’est pas sans effets épistémologiques, on interrogera également les incidences méthodologiques dans les recherches contemporaines : dans quelle mesure les arrière-plans théoriques auront-ils influencé les méthodes des recherches québécoises? Quelles avenues sont privilégiées dans les travaux actuels, qu’ils relèvent de recherche fondamentale ou de recherche-action? L’élasticité du concept (Walhen, 2004) aura-t-elle marqué les études québécoises d’une conception plus socioculturelle, ethnographique, sociocognitive de la littératie? Comment la dimension citoyenne apparaît-elle dans ces travaux? Quelles méthodes permettent de circonscrire aujourd’hui les dimensions connexes aux savoirs et savoir-faire linguistiques? Quels résultats? Quelles perspectives interdisciplinaires se dégagent des orientations dessinées par les travaux récents?

Dirigé par Karine Collette (Université de Sherbrooke), ce numéro thématique accueillera des articles d’une longueur de 20 à 25 pages double interligne (pour un maximum de 8 000 mots notes comprises). Accompagnés d’un résumé 300 mots, avec traduction anglaise, les textes seront acheminés à Globe : revue internationale d’études québécoises par voie électronique (contact@revueglobe.ca) avant le 1er avril 2012. Les articles seront soumis au processus habituel d’évaluation scientifique par les pairs. Les auteurs sont priés de suivre le protocole de rédaction.

DERNIÈRE PARUTION

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Les revues culturelles au Québec

Sous la direction de Michel Nareau et de Jean Morency

Michel Nareau
Introduction : une cartographie des revues culturelles au Québec
Pages 13–20
[PDF 64 ko]  [Notice] 

Hans-Jürgen Lüsebrink
Le Troisième Reich, objet de discours intellectuel. Hitler, le nazisme et la guerre dans les revues intellectuelles au Québec (1933-1947)
Pages 21–35
[PDF 149 ko]  [Résumé] 

Michel Lacroix
La francophonie en revue, de La Nouvelle Relève à Liberté (1941-1965). Circulation de textes, constitution de discours et réseaux littéraires
Pages 37–58
[PDF 150 ko]  [Résumé] 

Laurence Bernier-Renaud, Jean-Pierre Couture et Jean-Charles St-Louis
Le réseau des revues d’idées au Québec : esquisse d’une recherche en cours
Pages 59–83
[PDF 214 ko]  [Résumé] 

Jonathan Livernois
1974. La dernière année de Maintenant
Pages 85–103
[PDF 205 ko]  [Résumé] 

Marie-Andrée Bergeron
La Vie en rose (1980-1987). Construction rhétorique d’un leadership
Pages 105–120
[PDF 261 ko]  [Résumé] 

François-Emmanuël Boucher
La revue Égards et la pensée réactionnaire dans le XXIe siècle québécois
Pages 121–141
[PDF 199 ko]  [Résumé] 

Andrée Fortin
Le Temps Fou et Dérives. Redéfinir l’ici et l’ailleurs du politique
Pages 143–164
[PDF 131 ko]  [Résumé]  

Michel Nareau
La revue Dérives et le Brésil. Modifier l’identité continentale du Québec
Pages 165–184
[PDF 131 ko]  [Résumé] 

Étude libre      
Yves Gingras
L’évolution des collaborations scientifiques entre le Québec, le Canada et l’Union européenne (1980-2009)
Pages 185–197
[PDF 139 ko]  [Résumé] 

Perspective      
Aline Charles et Thomas Wien
Le Québec entre histoire connectée et histoire transnationale
Pages 199–221
[PDF 180 ko]  [Résumé]  

Recensions 
Dominique Vaugeois
François Dumont, Le Poème en recueil, Québec, Nota bene, 2010
Pages 223–226
[PDF 68 ko]  [Notice] 

Marie-Claude Strigler
Michel Lavoie et Denis Vaugeois, L’impasse amérindienne. Trois commissions d’enquête à l’origine d’une politique de tutelle et d’assimilation. 1828-1858, Québec, Septentrion, 2010
Pages 226–229
[PDF 61 ko]  [Notice] 

Monique Lebrun
Karine Cellard, Leçons de littérature. Un siècle de manuels scolaires au Québec, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2011
Pages 229–232
[PDF 57 ko]  [Notice] 

Sherry Simon
Pierre Anctil et Ira Robinson (dir.), Les communautés juives de Montréal. Histoire et enjeux contemporains, Québec, Septentrion, 2010
Pages 232–234
[PDF 56 ko]  [Notice] 

Gérard Beaudet
Jean-Pierre Augustin (dir.), Villes québécoises et renouvellement urbain depuis la Révolution tranquille, Pessac, Maison des Sciences de l’homme d’Aquitaine, 2010
Pages 234–236
[PDF 78 ko]  [Notice] 

Julien Goyette
Jocelyn Létourneau, Le Québec entre son passé et ses passages, Montréal, Fides, 2010
Pages 236–240
[PDF 65 ko]  [Notice] 

Mireille McLaughlin
Micheline Labelle, Racisme et antiracisme au Québec. Discours et déclinaisons, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2011
Pages 241–243
[PDF 54 ko]  [Notice] 

Marie Fortin
Parutions récentes en études québécoises
Pages 245–246
[PDF 70 ko]  [Notice] 

URI :  http://www.erudit.org/revue/globe/2011/v14/n2/
Tous droits réservés © Globe, Revue internationale d’études québécoises, 2011

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